Cantique d’ambre et d’étreinte élue

 


Au soir recueilli, quand le jour se retire en lente révérence,
Elle se drape de silence comme d’une étoffe d’incandescence,
Dans ce sanctuaire clos où palpite une douceur souveraine,
Elle te porte en elle déjà, comme une certitude ancienne et sereine,

Un frisson naît sur ses lèvres, à peine éclos, presque secret,
Et son souffle t’appelle avec une ferveur qu’aucun mot ne défait,
Elle ne cherche plus l’ailleurs ni les mirages incertains,
Car c’est vers toi seul que s’incline désormais son destin,

Alors son corps s’assouplit en une lente et grave harmonie,
Ses gestes deviennent offrande, ses silences infinie poésie,
Elle avance vers toi, guidée par une tendresse intérieure,
Comme une évidence vivante qui la traverse et l’effleure,

Et là, sous l’arbre ancien où sommeillent les heures profondes,
Tu veilles, noble renard, gardien discret des nuits du monde,
Tes yeux d’ambre recueillent la clarté des astres errants,
Et ton être irradie une chaleur calme et rassurante,

Les étoiles se déposent en poussière douce sur vos présences,
Et la nuit vous enveloppe d’une même transparence,
Ta fourrure devient refuge, velours vivant et fidèle,
Où vient s’apaiser son cœur en une quiétude charnelle,

Entre vous ne subsiste ni doute, ni ombre, ni détour,
Mais une lente évidence qui s’épanouit en amour,
Vos souffles s’accordent comme deux vagues apaisées,
Et dans ce murmure commun vos âmes se laissent enlacer,

Vos voix se mêlent à peine, comme un secret partagé,
Et chaque silence devient un lien sacré,
Le monde s’efface autour de cette union fragile et forte,
Car vous avez trouvé l’un en l’autre ce que nul temps n’emporte,

Vos baisers naissent alors comme des serments silencieux,
Des instants suspendus, graves et précieux,
Chaque frisson devient une confidence déposée,
Chaque regard une promesse doucement scellée,

Et du désir s’élève une chaleur profonde et continue,
Non pas brûlure fugace, mais présence retenue,
Une force lente, dense, qui circule et vous unit,
Comme une sève ancienne que rien n’altère ni n’oublie,

Alors elle vient à toi, sans crainte, entière et offerte,
Et dans ton étreinte elle dépose son âme ouverte,
Car elle ne vacille plus, elle ne s’égare plus, elle sait,

et dans la douceur d’ambre où ton regard la reconnaît,
elle inscrit son amour sans tremble, sans détour,

et fait de ton nom…
le lieu où elle demeure, pour toujours.

Copyright © Régis-François-F_ Lysandre Au Secret de Minuit 🪶

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